Alep est la capitale
du nord de la Syrie
(350km de Damas).
Elle plonge ses
racines dans un
passé lointain. On
dit qu'Abraham passa
par Alep, dressa son
camp sur la plus
haute colline, où se
trouve aujourd'hui
la citadelle, et
s'arrêta là pour
traire sa vache
rousse, d’où le nom
d' "Alep la Rousse"
que l'on donne à la
ville.
C'était une
métropole déjà
florissante depuis
le IIIème millénaire
avant Jésus Christ
et elle demeura tout
au long des siècles
une cite peuplée,
très urbanisée,
jouissant d'une
grande
considération. Cela,
elle le doit à sa
position stratégique
qui lui permit aussi
de jouer un rôle
particulier dans
l'histoire de la
région depuis les
royaumes Accadiens
et Amorites
jusqu'aux temps
modernes.
Alep est en effet au
croisement
d'importantes routes
commerciales. De
sorte qu'elle était
devenue la clé des
échanges entre la
Mésopotamie d'une
part, la Syrie, la
Palestine et l'Egypte
d'autre part ;
autrement dit entre
l'Orient et
l'Occident.
Au XVIIIème siècle
avant Jésus Christ,
les Amorites en
firent la capitale
de leur vaste
royaume (Yamhad). En
raison de son
importance
stratégique et
militaire, elle
changea de main à
plusieurs reprises
et fut conquise par
les Hittites, les
Egyptiens, les
Assyriens, les
Perses et ensuite
par les Grecs et les
Romains.
En 440, la ville fut
occupée par les
Perses qui se
livrèrent au pillage
et mirent le feu,
saccageant une
grande partie de ses
monuments. Et bien
que Justinien les
eut chassés et qu'il
eut réparé la
plupart des dégâts
qu'ils avaient
occasionnés, le
spectre des Perses
ne cessa d'hanter
Alep jusqu'à la
conquête arabe en
636. Elle devint
alors l'une des plus
grande métropoles de
l'islam. Dès
l'époque des
Omeyyades et ensuite
sous les Abbasides,
les Fatimides, les
Ayyoubides et les
Mamelouks, elle ne
cessa de voir
prospérer ses
activités
commerciales et son
urbanisme.
L'époque du royaume
Hamdanide fondé en
944 par Sayf
Ad-Dawla, fit d'Alep
la capitale du nord
de la Syrie. Sayf
Ad-Dawla construisit
la célèbre citadelle
au sommet de la
colline et s'y
installa. Sous son
règne, et malgré les
soucis permanents
que lui causait la
défense des
frontières arabes,
la ville devint très
florissante,
particulièrement
dans le domaine des
sciences, des
lettres et de la
médecine. Parmi les
personnages connus
qui vécurent dans sa
cour, figurent les
deux grands poètes:
Al Mutanabbi et Abou
Firas, le philosophe
et savant Al Farabi
et le linguiste Ibn
Khaleouieh.
La ville connut
certes deux grandes
catastrophes :
lorsque les Mongols
en 1260 et Tamerlan
en 1400 la
saccagèrent. Mais
elle sut se
restaurer rapidement
ce qui avait été
démoli, retrouver sa
vitalité et
multiplier dans un
style architectural
qui lui est propre,
mosquée, madrassas,
hammams, églises,
caravansérails,
mausolées et
hospices.
A l'époque Mamelouk,
elle devint un
centre important du
commerce
international en
Méditerranée, ainsi
qu'un important
marché de soie. Les
négociants de Venise
venaient y acheter
des pistaches, du
coton et des
médicaments. Alep a
conservé un
caravansérail qui
porte le nom de
"Khan al Banadka"
(Khan de Venise) qui
figure parmi les
dizaines d'anciens
caravansérails
disséminés dans les
souks et encore en
activité.
A l'époque Ottomane,
Alep devint le
centre du commerce
du Levant vers
Istanbul et, depuis
le XVIème siècle
elle développa avec
la France,
l'Angleterre et la
Hollande des
relations
commerciales
importantes.